Plus de 1,6 million de personnes meurent chaque année dans le monde d'une fumée qu'elles n'ont pas allumée. Et contrairement à ce que l'intuition suggère, il n'existe aucun seuil d'exposition sans danger.
Sur les plus de 7 millions de décès annuels attribués au tabac dans le monde par l'OMS, plus de 1,6 million concernent des non-fumeurs exposés involontairement à la fumée des autres. Autrement dit, près d'un décès sur cinq lié au tabac frappe quelqu'un qui n'a jamais fumé.
Pour la France, l'estimation la plus souvent citée (reprise par l'Assurance maladie et l'Institut national du cancer) est d'environ 1 100 décès par an, dont 150 par cancer du poumon.
Une précision d'honnêteté : ce chiffre de 1 100 décès correspond à une estimation antérieure aux lois d'interdiction de fumer dans les lieux publics de 2007-2008. Nous n'avons pas trouvé de réestimation récente publiée par Santé publique France. Le chiffre réel aujourd'hui est vraisemblablement inférieur, sans que nous puissions le quantifier. Méfiez-vous par ailleurs du chiffre de « 3 000 décès par an » qui circule : nous ne l'avons trouvé dans aucune source officielle.
L'OMS chiffre l'augmentation du risque liée à l'exposition à la fumée des autres : +25 à 30 % pour la maladie coronarienne et +20 à 30 % pour le cancer du poumon.
Le Comité national contre le tabagisme donne un gradient qui frappe davantage :
| Exposition | Augmentation du risque d'infarctus |
|---|---|
| 1 à 7 heures par semaine | + 25 % |
| Plus de 21 heures par semaine | + 60 % |
Ce dernier niveau (plus de trois heures par jour dans une atmosphère enfumée) expose à un risque cardiovasculaire comparable à celui d'un fumeur de 1 à 9 cigarettes par jour. C'est le cas typique d'une personne vivant avec un fumeur.
S'y ajoutent l'aggravation de l'asthme et de la BPCO, ainsi que l'irritation chronique des yeux et des voies aériennes.
Il n'existe aucun seuil d'exposition sans danger. C'est le point sur lequel toutes les autorités convergent. Aérer une pièce, fumer à la fenêtre ou sous la hotte ne supprime pas le risque : les particules fines se déposent sur les surfaces, les tissus et les vêtements, et se re-libèrent ensuite, ce qu'on appelle le tabagisme tertiaire.
L'enfant est plus vulnérable : sa fréquence respiratoire est plus élevée, ses voies aériennes plus étroites, et il ne choisit pas son environnement.
| Risque | Augmentation |
|---|---|
| Mort subite du nourrisson | Risque doublé |
| Infections respiratoires | + 55 % |
| Otite aiguë | + 38 % |
| Asthme | + 32 % |
L'Assurance maladie ajoute rhinopharyngites, conjonctivites, bronchites et pneumonies. Chez le nourrisson exposé pendant la grossesse s'ajoutent un poids de naissance plus faible et une fonction pulmonaire diminuée, voir les femmes et le tabac.
Ce qui protège réellement un enfant : ne pas fumer à l'intérieur du logement ni dans la voiture, y compris fenêtre ouverte et en l'absence de l'enfant. Fumer dans une voiture en présence d'un mineur est d'ailleurs interdit en France depuis 2015.