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1 fumeur sur 2 meurt du tabagisme

Le tabac, la peau et les dents

Ce sont les effets les moins mortels du tabac, et souvent les plus motivants, parce qu'ils se voient dans le miroir, et que certains s'inversent en quelques jours.

Ce que le tabac fait à la peau

Deux mécanismes se combinent, et aucun des deux n'est lié à la nicotine.

La vasoconstriction

La fumée rétrécit le diamètre interne des vaisseaux sanguins. Les globules rouges n'apportent plus assez d'oxygène aux couches superficielles de la peau. Résultat visible : un teint terne, grisé, qui ne réagit plus aux soins.

Le dépôt sur les pores

La fumée se dépose à la surface de la peau et sur les pores, qui s'oxygènent moins bien. À cela s'ajoute une dégradation du collagène et de l'élastine, d'où des rides plus marquées et plus précoces que chez les non-fumeurs, particulièrement autour de la bouche et des yeux, là où le geste de fumer sollicite les muscles.

Ce qui change à l'arrêt

Tabac info service donne deux repères précis. D'abord : « on peut retrouver de l'éclat, une peau plus brillante au bout de quelques jours d'arrêt ». Ensuite, et c'est le plus important : « à l'arrêt du tabac, la vitesse de vieillissement de la peau redevient normale ».

La nuance compte. Les rides déjà installées ne disparaissent pas. Ce qui s'arrête, c'est le vieillissement accéléré. Vous ne rajeunissez pas : vous cessez de vieillir plus vite que votre âge.

Une astuce simple et étonnamment efficace : prenez-vous en photo le jour de l'arrêt, puis quinze jours plus tard, dans la même lumière. C'est le genre de preuve visuelle qui tient mieux qu'une statistique de mortalité à trente ans.

À noter enfin : les substituts nicotiniques n'ont aucun effet sur la peau. C'est la fumée qui l'abîme, pas la nicotine.

Questions fréquentes

Les dents redeviennent-elles blanches après l'arrêt ?
Les nouvelles colorations cessent de se former, mais les taches déjà incrustées dans l'émail ne partent pas seules : un détartrage et un polissage chez le dentiste sont nécessaires. C'est d'ailleurs un bon moment pour prendre rendez-vous : l'effet est immédiat et très motivant.
Combien de temps pour retrouver le goût et l'odorat ?
Très vite : le goût et l'odorat s'améliorent dès 48 heures après la dernière cigarette, les terminaisons nerveuses gustatives commençant à repousser. C'est l'un des bénéfices les plus rapidement perceptibles de l'arrêt.
Le tabac fait-il perdre les dents ?
Indirectement, oui : en favorisant la parodontite, il fragilise l'os qui soutient les dents. Nous n'avons pas trouvé d'étude française officielle chiffrant précisément la perte de dents chez les fumeurs, et nous préférons ne pas avancer un chiffre.
Faut-il prévenir son dentiste de son arrêt ?
Oui, c'est utile. Les chirurgiens-dentistes peuvent d'ailleurs prescrire des substituts nicotiniques remboursés. Et si une pose d'implant est envisagée, l'arrêt du tabac change concrètement les chances de succès.

Ce que le tabac fait aux dents et aux gencives

C'est un terrain où les chiffres sont nets. Selon l'Union française pour la santé bucco-dentaire, le risque de développer une parodontite est quatre fois plus élevé chez un gros fumeur que chez un fumeur modéré. Les maladies des gencives y sont plus fréquentes, plus sévères et plus évolutives.

Pourquoi

  • La nicotine réduit la circulation sanguine gingivale ;
  • elle affaiblit les polynucléaires neutrophiles, premières défenses immunitaires de la gencive ;
  • elle altère les fibroblastes gingivaux, ce qui compromet la cicatrisation ;
  • elle perturbe la formation de l'os alvéolaire qui soutient les dents.

Le piège le plus dangereux : en réduisant la circulation sanguine, le tabac masque le saignement des gencives. Or ce saignement est le principal signal d'alerte d'une inflammation. Un fumeur peut donc développer une parodontite avancée sans jamais voir le signe qui aurait dû l'amener chez le dentiste.

Les autres effets

  • colorations dentaires brunes, tenaces ;
  • halitose (mauvaise haleine) persistante ;
  • lésions de la muqueuse buccale ;
  • perte progressive du goût et de l'odorat ;
  • taux de réussite des implants dentaires diminué de 13 %.

Les cancers de la bouche

Le chiffre est brutal : le tabac est un facteur commun chez 80 à 90 % des malades atteints d'un cancer des voies aérodigestives supérieures, bouche, gorge, larynx, œsophage. L'association avec l'alcool multiplie encore ce risque.

Ce qui s'inverse

Certaines lésions buccales, comme la mélanose du fumeur (ces taches brunes de la gencive) et la stomatite sont décrites comme réversibles après le sevrage. L'UFSBD ne précise pas de délai, et nous ne voulons pas en inventer un.

Ce qui est certain, c'est que la cicatrisation redevient normale : c'est pourquoi les chirurgiens-dentistes demandent systématiquement l'arrêt du tabac avant une chirurgie ou la pose d'un implant.