Ce sont les effets les moins mortels du tabac, et souvent les plus motivants, parce qu'ils se voient dans le miroir, et que certains s'inversent en quelques jours.
Deux mécanismes se combinent, et aucun des deux n'est lié à la nicotine.
La fumée rétrécit le diamètre interne des vaisseaux sanguins. Les globules rouges n'apportent plus assez d'oxygène aux couches superficielles de la peau. Résultat visible : un teint terne, grisé, qui ne réagit plus aux soins.
La fumée se dépose à la surface de la peau et sur les pores, qui s'oxygènent moins bien. À cela s'ajoute une dégradation du collagène et de l'élastine, d'où des rides plus marquées et plus précoces que chez les non-fumeurs, particulièrement autour de la bouche et des yeux, là où le geste de fumer sollicite les muscles.
Tabac info service donne deux repères précis. D'abord : « on peut retrouver de l'éclat, une peau plus brillante au bout de quelques jours d'arrêt ». Ensuite, et c'est le plus important : « à l'arrêt du tabac, la vitesse de vieillissement de la peau redevient normale ».
La nuance compte. Les rides déjà installées ne disparaissent pas. Ce qui s'arrête, c'est le vieillissement accéléré. Vous ne rajeunissez pas : vous cessez de vieillir plus vite que votre âge.
Une astuce simple et étonnamment efficace : prenez-vous en photo le jour de l'arrêt, puis quinze jours plus tard, dans la même lumière. C'est le genre de preuve visuelle qui tient mieux qu'une statistique de mortalité à trente ans.
À noter enfin : les substituts nicotiniques n'ont aucun effet sur la peau. C'est la fumée qui l'abîme, pas la nicotine.
C'est un terrain où les chiffres sont nets. Selon l'Union française pour la santé bucco-dentaire, le risque de développer une parodontite est quatre fois plus élevé chez un gros fumeur que chez un fumeur modéré. Les maladies des gencives y sont plus fréquentes, plus sévères et plus évolutives.
Le piège le plus dangereux : en réduisant la circulation sanguine, le tabac masque le saignement des gencives. Or ce saignement est le principal signal d'alerte d'une inflammation. Un fumeur peut donc développer une parodontite avancée sans jamais voir le signe qui aurait dû l'amener chez le dentiste.
Le chiffre est brutal : le tabac est un facteur commun chez 80 à 90 % des malades atteints d'un cancer des voies aérodigestives supérieures, bouche, gorge, larynx, œsophage. L'association avec l'alcool multiplie encore ce risque.
Certaines lésions buccales, comme la mélanose du fumeur (ces taches brunes de la gencive) et la stomatite sont décrites comme réversibles après le sevrage. L'UFSBD ne précise pas de délai, et nous ne voulons pas en inventer un.
Ce qui est certain, c'est que la cicatrisation redevient normale : c'est pourquoi les chirurgiens-dentistes demandent systématiquement l'arrêt du tabac avant une chirurgie ou la pose d'un implant.