Le tabac tue plus de 7 millions de personnes par an dans le monde et plus de 68 000 en France. Arrêter reste bénéfique à tout âge, et le corps commence à réparer les dégâts en moins de vingt minutes.
Le tabagisme provoque plus de 7 millions de décès par an dans le monde, dont environ 1,6 million de non-fumeurs exposés involontairement à la fumée des autres. En France, plus de 68 000 décès par an lui sont attribuables, soit près de 11 % de l'ensemble des décès enregistrés : c'est la première cause de mortalité évitable du pays.
Les cancers représentent à eux seuls 57 % de ces décès, soit environ 38 700 morts par an. Viennent ensuite les maladies cardiovasculaires (plus de 14 000 décès) et les maladies respiratoires chroniques (près de 12 800 décès).
Le cancer du poumon est le plus connu, mais le tabac est aussi responsable de cancers de la gorge, de la bouche, des lèvres, du pancréas, des reins, de la vessie, de l'œsophage et de l'utérus. En 1960, seules 11 % des femmes fumaient, contre 57 % des hommes ; aujourd'hui, chez les adolescents, filles et garçons fument dans des proportions comparables.
Quel que soit l'âge et le nombre d'années de tabagisme, arrêter apporte un bénéfice mesurable. Le risque cardiovasculaire chute dès les premières semaines et l'espérance de vie rejoint celle d'un non-fumeur après une quinzaine d'années sans tabac.
Voici ce qui se passe dans l'organisme, étape par étape, à partir du moment où vous écrasez votre dernière cigarette.
La pression sanguine et les pulsations du cœur redeviennent normales.
La quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié. L'oxygénation des cellules redevient normale.
Le risque d'infarctus du myocarde diminue déjà. Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée. Le corps ne contient plus de nicotine.
Le goût et l'odorat s'améliorent. Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser.
Respirer devient plus facile. Les bronches commencent à se relâcher et on se sent plus énergique.
La toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle et on marche plus facilement.
Les cils bronchiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé.
Le risque d'infarctus du myocarde diminue de moitié. Le risque d'accident vasculaire cérébral rejoint celui d'un non-fumeur.
Le risque de cancer du poumon diminue de près de moitié.
L'espérance de vie se rapproche fortement de celle des personnes n'ayant jamais fumé.
Il est normal d'avoir la gorge irritée et de tousser lorsqu'on arrête de fumer. Les cils bronchiques, en repoussant, font remonter les goudrons et les impuretés accumulés : ce n'est pas une aggravation, c'est la réparation qui commence. Cela ne dure qu'un temps.
Le plus important pour arrêter de fumer, c'est la motivation. Un fumeur sur deux y arrive sans aide. Pour les autres, il est essentiel de reconnaître les différentes formes de dépendance, car elles n'appellent pas les mêmes réponses.
Les substituts nicotiniques sont des médicaments sans ordonnance, à base de nicotine, qui existent sous plusieurs formes : patchs, gommes à mâcher, pastilles à sucer et inhalateurs. Il existe aussi des médicaments sur ordonnance comme le bupropion LP ou la varénicline.
Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont une prise en charge psychologique qui aide à résister à la pression sociale et à gérer les lieux et circonstances associés à la cigarette. Le soutien des proches compte énormément. Certains sites, comme Shopeco.fr, proposent des produits pour aider à arrêter de fumer.
Beaucoup de fumeurs utilisent la cigarette comme antistress, psychostimulant, antidépresseur ou coupe-faim. Comme pour les autres dépendances, les TCC et les substituts nicotiniques sont conseillés, mais l'activité physique et une bonne alimentation jouent aussi un rôle important.
Des spécialistes peuvent vous aider à arrêter de fumer : n'hésitez pas à demander de l'aide à votre médecin, à votre pharmacien ou à un tabacologue, ou à appeler Tabac info service au 39 89.
Les recherches ont montré que les traitements de substitution nicotinique (TSN) doublent voire triplent les chances d'arrêter de fumer. Les substituts diffusent la nicotine de manière lente et régulière. La durée du traitement va de six semaines à six mois, avec une diminution progressive des doses.
Le patch colle sur la peau ; la nicotine la traverse pour atteindre la circulation veineuse. Il agit à partir de 30 minutes environ et dure toute la journée. La quantité de nicotine dépend du temps de pose et de la surface du patch. Ne fumez pas avec un patch. Si vous ressentez encore le manque, revoyez le dosage avec un médecin. Des picotements peuvent apparaître lors du premier patch : s'ils disparaissent au bout d'une heure, c'est une réaction normale et non une allergie.
Elles doivent être sucées quelques minutes puis mâchées lentement, avec des pauses. Il ne faut pas les mâcher trop vite, pour ne pas libérer trop de nicotine d'un coup. On utilise en général huit à douze gommes par jour, quand l'envie de fumer apparaît, puis on diminue graduellement.
Il ressemble à un embout blanc dans lequel on place une cartouche imprégnée de nicotine. Quand on aspire, l'air se charge de micro-gouttelettes de nicotine. Au début, on peut utiliser plusieurs cartouches par jour, puis le nombre diminue.
Selon les marques, ils doivent être sucés ou fondre sous la langue, sans être croqués. Ils agissent en deux à trois minutes. On commence en général entre huit et douze par jour, puis on réduit petit à petit.
Quand c'est nécessaire, il est possible d'utiliser plusieurs substituts à la fois, ce qui renforce l'efficacité du traitement : patchs + gommes, ou patchs + inhalateur par exemple.
Certains substituts sont accessibles dès 15 ans, d'autres sont réservés aux adultes, mais jamais en dessous de 15 ans. Pour les femmes enceintes ou qui allaitent, il est important de demander conseil à un médecin.
Un des avantages des substituts est qu'ils n'apportent que de la nicotine, contre plus de 4 000 substances dans la fumée de cigarette.
Les signes de surdosage nicotinique sont : diarrhées, nausées, bouche pâteuse, insomnies, palpitations et l'impression d'avoir trop fumé.
Côté prix, un traitement coûte en moyenne l'équivalent d'un paquet par jour, et les tarifs varient d'une pharmacie à l'autre. Depuis le 1er janvier 2019, la grande majorité des substituts nicotiniques sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie sur prescription, sans plafond annuel, et la pharmacie peut les délivrer sans avance de frais.